Vendredi 26 février 2010 5 26 /02 /Fév /2010 16:56
13 février 2010... Nous étions arrivés hier en soirée à Rosas au sud de Cadaquès en Espagne... La dépression sur les Baléares nous avait laissé passer quelques jours avant, mais celle entre Golfe du Lion et golfe de Gênes nous promettait plusieurs jours de Tramontane forte... Les bulletins et la radio le confirmait "tempête sur golfe de Lion..."...

Nous avons donc attendu 2 jours sur Palamos, une ville de la Costa Brava...

Ce matin nous repartons donc vers 7h30, ou plutôt, je repars... Gérard lui a passé une nuit excérable telle que l'on peut en passer avec une "monstre" gastro...
Tout les bulletins météo, même les BMS le confirment, un vent de Nord-ouest force 5 à 6 sur golfe du Lion, 7 au large et au passage du Cap Béar, mollissant à la mi-journée...

Les BMS (Bulletin Météorologique Spécial) répétaient, inlassablement, toutes les 2h, la même chose et ce jusqu'à 16h  !...

Moi, j'avais commencé doucement au moteur, sous le soleil chaud du matin, dans la baie de Rosas, bien protégé du vent de Nord, trouvant un peu de mer en arrondissant le cap et passant au large de Cadaquès...
Après avoir soufflé depuis 3 jours, très fort, il était normal que je trouve encore une mer agitée..., le vent était encore bien fort, 33 à 35 noeuds établis... un bon force 7 !
En me raaprochant de la côte, je profitais occasionnelement de la protection des belles falaises de part et d'autre de Cadaquès jusqu'au Cap Creus...
La mer, elle devenait de plus en plus blanche..., une courte houle provenant du NW, avec quelques belles déferlantes, mais Pythéas "assure"... c'est vraiment un plaisir, de naviguer, rassuré, sur un tel voilier...

Pour faire du cap, car je suis sous trinquette et grand-voile 3 ris, je profite d'un appui moteur... et ... je tire des bords, longs pour ne pas avoir à revenir trop près de la côte en "reculant" !...

Mais avec ce vent, cette mer, la remontée est laborieuse, surveillant sans cesse les rafales qui arrivent et rééquilibrant le bateau et le relancant sur le bon cap...
Aucun bateau sur l'eau depuis ce matin, sauf un cargo en route pour Sète...

Le Cap Creus est dans mon travers vers la mi-journée...le cap Béar est à moins de 10 milles et pourtant... je ne le passerai que vers les 17h !?... cela vous donne une idée de la difficulté à tenir le cap... et la vitesse...
Tiens un nouveau BMS... " Golfe du Lion, vent de NW force 7 se rafraichissant dans la nuit..." plus de mollissement en vue et la remontée relativement confortable au travers, que j'avais imaginé pour cette fin d'après midi et soirée va donc sensiblement être identique à ce que je vis actuellement !?...

Gérard fait quelques apparitions, livide, puis repart s'allonger... je préfère ma place à la sienne, je suis secoué, mouillé parfois, sous tension... mais avoir les intestins en vrac,dans un bateau qui rebondit de vagues en vagues... il y a mieux!

Une fois le Cap Béar doublé, je peux enfin me rapprocher de la côte, en espèrant à moins de 2 milles, avoir un peu moins de mer et de vent !?... Un peu moins de mer, oui... un peu, mais un peu moins de vent, non...
Je coupe enfin le moteur, et n'entend plus que le vent et les vagues...

20h, Il faut prendre une décision, avec ce vent et cette mer et en admettant qu'il ne vire pas nord donc face à nous, nos prévisions d'arivée sont estimées à 16h le lendemain!?...

Moi j'ai un rendez vous professionnel à 13h sur Montpellier et cela fait déjà 13h que je suis à la barre..., bon nous prenons la décision de nous arrêter au port de Gruissan... Je débarquerais et Gérard attendra qqs jours avant de ramener le bateau, jusqu'à Port-camargue,une fois guéris, avec des amis...
La chose est entendue, il retourne se coucher et s'endort comme une masse...

La nuit est installée et en même temps, le vent toujours aussi fort, se refroidit nettement; le col de la veste de quart remonté jusqu'au oreilles, double bonnet enfoncés sur les yeux, mitaines au mains, je scrûte régulièrement devant et autour du bateau...,  les lumières de la côte m'accompagnent, ainsi que les balises marquants, çà et là, les réserves de pêche, les filets ou les casiers...

Ce serait dommage, dans ces conditions de se prendre un filet dans les safrans...

Enfin, à 3h du matin, je rentre dans le chenal du port de Gruissan, je réveille Gérard..., je prépare aussières et pare-bat' et j'accoste au quai visiteurs 1/2h plus tard... 3 personnes sont là, bravant le froid pour prendre nos amarres...
Le gardien de nuit, super sympa et patient..., Danielle la femme de Gérard et... Véro qui l'a amené de Port Camargue après 1h30 de route...

J'amarre le bateau, en doublant les amarres, cela souffle encore pas mal et enfin... je saute à terre et la serre dans mes bras...
Cela fait 22h que je navigue depuis hier..., 5 mois que j'ai quitté Chazay !...
On ne sait pas quoi dire, on se serre fort... profitant de l'instant...

Après 2h de retour, je plonge dans mon premier bain chaud depuis 5 mois !... la baignoire tangue..., il y a même des vagues !?!... Je suis de retour sur le plancher des vaches...

Une dernière fois, j'aurais "profité" pleinement de la mer et des embruns, prenant plaisir à tracer ma route au milieu des éléments (au moins excités!!), seul...

Pythéas est vraiment un voilier comme j'aimerais en posséder un... sûr, solide, idéal pour se frotter à toutes les mers...

Le retour sur Chazay et les montagnes est déjà pour la fin de semaine... dans 8 jours, je serais dans la neige sur des raquettes...
Quel changement?
Par raym69
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Vendredi 26 février 2010 5 26 /02 /Fév /2010 16:43
Il est 23h, je suis de quart… Pythéas fend les eaux de la baie d’Alicante… La mer est plate, pas un brin de vent après ce déchaînement des jours passés… La nuit est sombre, la lune pas encore levée, les lumières de la côte soulignent les reliefs des îles ou reliefs qui débordent un peu…tandis qu’à mon tribord à 3 milles au moins, le flux des cargos est incessant, remontant vers des ports de France, Espagne ou d’Italie, ou descendant vers Gibraltar et l’Afrique du nord…
Le bateau ne roule quasiment pas, installé dans le carré, quittant l’ordi toutes les 10 minutes pour voir « si y a kekun qui vient?… » ,  je cherche l’inspiration …?


Le retour est proche, c’est la fin du voyage?…

Cette fois, cela se précise. Même si les conditions de vent ne seront pas parfaites (voir prochain article...) jusqu’au bout et que la date d’arrivée doive être « encore » repoussée, je n’ai jamais été aussi proche; et comme à chaque fois que je pars longtemps de chez moi, lorsque je suis « tout prêt » j’ai hâte d’arriver…
Hâte de serrer ma chérie dans mes bras, les enfants, la famille…, hâte de revoir les amis, mes conscrits, mes supers voisins, les gens du village et tous les gens qui comptent pour moi… Mes clientes et clients aussi avec qui j’aime parcourir les sentiers et les canyons…Mes petits bouts de participants que j’emmène en escalade, canyon ou raquettes ainsi que ceux que j’entrainais au club d’escalade…

Si l’envie de voyage est toujours présente et que déjà je pense au prochain départ, cet été, en Norvège, et cet hiver, au Népal…(qui m’aime me suive!…), le besoin de retour est tout aussi fort!
On a (j’ai) besoin de vérifier que l’on existe bien toujours, que nos précieux bibelots et nos petits fétiches sont bien toujours à la même place…, que notre « trace » n’a pas été effacée !

Beaucoup de gens m’estiment comme un « aventurier » !,  alors que je ne suis que quelqu’un qui essaie de réaliser ses rêves et de vite rentrer à la maison ….
Et bien, si j’ai réalisé ces rêves hier et aujourd’hui, ce n’est pas parce que j’ai plus de c…… que d’autres ou le sens de l’aventure… mais c’est avant tout grâce aux personnes qui ont partagé ma vie depuis mes 20 ans…ainsi que mes parents!
Chacune d’elles m’aura laissé suffisamment de libertés, sans m’enchaîner pour de fausses raisons, pour aller ou le vent et la destinée me portait… et je les en remercie profondément.

Je suis bien chez moi.

Pas en France,  mais chez moi!

La France, même si en de nombreux points, est un terre ou la vie est plutôt facile, comparativement à de nombreux pays ( dont certains que je viens d’effleurer)… devient un pays ou les différences s’accumulent, les fossés se creusent, les problèmes sociaux sont en pleine expansion, masqués par un discours de parade et de fantoches…, masqués par un sentiment de prospérité et d’aisance… La crise, comme le nuage de Tchernobyl s’étant arrêtée c’est bien normal à nos frontières…

J’avais oublié quelques temps… et puis sur RFI, j’apprends il y a peu que… cà y est ! Notre fabuleux « monarque »  repart à l’attaque…
De quoi, du chômage?, du traitement inhumain constamment fait à l’encontre de nombre de sans-papiers?, de la pauvreté de certains de nos vieux qui n’ont pas cotisé assez?, ou peut-être des patrons-voyous, qui empochent des millions en laissant sur le carreau des femmes et des hommes qui auront donné leur vie à leur entreprise?…

Non, pas du tout, l’attaque de « Monseigneur Nicolas 1er » est plus noble, plus chevaleresque, plus décente…. Un procès a eu lieu, le verdict est tombé, des coupables ont été punis mais aux yeux de notre « grand homme », l’affront n’est pas lavé et en matière d’honneur, il s’y connait…
Il ne l’a pas dit, personne ne l’a dit d’ailleurs, mais Monsieur de Villepin doit « payer »… c’est je crois ce qui occupera les ondes et nos journaux pendant les prochaines semaines ou les prochains mois… Je n’aime pas cette France…

La France que j’aime a de la lumière dans les yeux…, elle a 10 ans, elle en a 70 mais elle donne des bises, des sourires et des poignées de mains…
La France que j’aime, c’est celle qui n’a rien ou très peu… ou bien même qui a beaucoup et encore plus…, mais cette France là, donne une pièce..., à manger..., du temps..., de l’aide et des conseils..., ou simplement de l‘amitié…
Cette France là sait encore regarder autour d’elle et donner un peu de ce qu’elle a parfois en trop…
Cette France là n’a pas d’étiquettes, ou de piédestal,  elle ne rayonne pas sur TF1 ou dans Gala…
Cette France là, grandis chaque jour un peu plus de ce qu’elle se diminue chaque jour !

C’est cette France de gens, certainement « malades », que j’aime retrouver et j’aimerais tant que le virus soit devenu virulent !
……

Un peu d’humeurs ne fait pas de mal…

Je vais essayer, une fois rentré, d’égayer un peu les textes des derniers articles par quelques autres photos de ces 5 mois (histoire de vous faire baver un peu plus!), alors conservez l’habitude de venir sur ce blog encore quelques temps!




















Par raym69
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Mercredi 10 février 2010 3 10 /02 /Fév /2010 22:08

Méditérannée, une remontée laborieuse…


Depuis son coup de (Trafalgar) sur Gibraltar… (Oh,oh,oh ,il fallait le faire et…je l’ai fait!) On peut pas dire qu’elle nous facilite le retour!

Fidèle à sa renommée, en hiver et même en automne, cette mer peut être très dure….

1 jours ½ après Gibraltar, forcissant sérieusement du sud-ouest, sous un ciel superbe et ensoleillé, elle nous a motivé à nous arrêter à Almérimar, tant pour prendre du gas-oïl que pour reprendre des forces (il faut dire que l’avant-veille, j’avais un peu puisé dans mes réserves…)

L’arrivée dans le port, s’est fait en surfant sur de petites déferlantes et même si le plan d’eau était plus calme, la digue ne ralentissait que très peu le vent SW qui soufflait 20/25 nœuds….

2, 3 ronds dans l’eau pour se préparer (Gérard installe parre-battages et aussières pendant que je manœuvre à la barre ) et je me présente devant le quai de la pompe à essence devant un « marinero » de la marina qui me fait des grands signes, comme si cela n’allait pas assez vite. Un pressé celui-là, dont j’aurais dû me méfier plus tard!?…

Le plein est fait, le vent ne faiblit pas et la météo n’annonce pas de calme avant la nuit… Fatigué, je n’insiste pas lorsque Gérard revient en disant qu’il a pris une nuit…Il faut aller se placer à une place que m’indique le « marinero » sur le plan… Je lui fait confiance, première erreur…

On prépare le bateau, on complète les aussières, équilibre et positionne les pare-battages et je me dirige vers la travée que l’on m’a indiqué; selon son indication, il devrait y avoir une place entre 2 voiliers, en rentrant en marche avant, même avec ce vent, je serais quasiment « guidé » en bonne place par les 2 voiliers…

J‘avance donc sans trop de moteur et rien qu’avec le vent dans le dos, je suis déjà à 3 nœuds!… Je réduis donc en enclenchant la marche arrière douce et me stabilise autant que possible dans le canal… J’aperçois le « marinero », il n’est pas entre 2 voiliers, ou plutôt si mais espacé de 3 places et avec, qui plus est un quai qui fait 2 décrochés en béton…

Si je veux me mettre dans la place qu’il m’indique, la plus au vent, il va falloir que je serre le cul du dernier voilier et que j’engage ma proue en jouant fort du propulseur d’étrave!…, seconde erreur…

Il fallait s’y attendre, dès que j’expose mon flanc au vent, je suis dépalé en direction de la 2ème puis très rapidement de la 3ème place… Cet abruti (excusez moi), me fait des grands signes en me montrant l’opposé… Bachi bouzouk, c’est pas une R5 que je gare sur un parking!!!!...

Je me décide finalement à renoncer, car je dérive sur le voilier qui est après la 3ème place, et au moment ou j’enclenche marche arrière et propulseur pour faire re-pivoter mon bateau dans l’axe du chenal, une violente rafale pousse et fait déraper Pythéas, proue en avant sur le beau Bénéteau qui est là….

Pythéas a une belle ancre de 25 kg qui dépasse du davier comme un bel éperon! Devinez?…

Eperonnage il y a…comme les corsaires!, et c’est un éperonnage qui, heureusement, n’endommagera (mais quand même) que le liston en simili teck du Bénéteau sous le regard ahuri des 2 marineros (dont l’un semblait bien ne pas partager les idées de son chef dès le début…) et de Gérard, sans voix et sans réactions…

Je tempête contre moi, je n’aurais jamais dû aller me fourrer dans cette place, j’aurais dû refuser…, cela m’apprendra… encore quelque chose de plus! Lorsque l’on ne sent pas une manœuvre, on y va pas!

Bon an, mal an, nous sommes arrêtés, à quai. Rendez vous est pris à 16h à la capitainerie pour … la déclaration d’accident!… Gérard ne fulmine pas, il se réjouit même « on a rien, mais s’il avait été plus haut, on passait à travers le plastique et on le coulait! Ah, ah… » (super!…)

On avise le seul restaurant encore ouvert et on se remet autour d’une bière et d’un repas…

 

La suite est « presque » normale, pendant que je vais m’effondrer sur ma couchette, Gérard passe à la capitainerie… je me réveille 2 heures plus tard, tandis que Gérard s’apprête à ressortir du bateau «  cette enf…. (ah il n’y a pas que moi!) de propriétaire a prévenu la guardia civil… ils veulent m’emmener au poste !?!… » Je reste seul… et interdit devant ce que je viens d’entendre….

Tout rentrera dans l’ordre, le propriétaire s’est calmé en constatant notre bonne foi, Gérard n’a pas couché en prison, ne touchera pas 20 000... Et a le droit de rejouer!?…

Le lendemain s’ensuit 2 bons jours de nav’ au moteur (pas un pet de vent) sous le soleil et une mer quasiment d’huile… les noms de la côte défilent sur notre carte électronique…; Carthagène, Murcia, Alicante, Valencia… tant de noms qui fleurent bon les castagnettes et la paëlla… Pas le temps de s’y arrêter, les prévisions météo nous promettent une dépression, centrée sur Baléares (on doit effleurer Ibiza à qqs dizaines de milles!) qui devrait nous prendre dans la mer des Baléares entre Valencia et Barcelone… Et une autre encore plus dure qui doit nous empêcher carrément de franchir le Cap Creus, réputé pour ces nombreuses « fortunes de mer »…

A ce point du texte, le lecteur attentif ( et je sais que vous l’êtes!…allez encore un petit coup de brosse…) devra se renseigner pour savoir qu’est-ce qui peut donc bien m’inquiéter de « faire fortune en mer »!?…


A l’heure qu’il est ( il est 14h04 TU à ma montre le 9/02/2010, remarquez la précision) nous sommes passés sur le bord de la dépression Baléares; du vent, certes, de la pluie, du froid (j’ai du mettre une polaire…hi, hi, hi…) mais pas trop de mer et nous passons Barcelone par le travers en pensant arriver à Palamos ce soir!…

Par contre la tempête sur Méditérannée « comme ils disent à la télé » va nous stopper pour 2 jours ( ou moins j’espère)…. Un retard de plus…, donc si je fais les comptes au lieu d’arriver le 7 ou 8 janvier 2010, nous devrions arriver le…. 13 février 2010!…

J’espère que les bouteilles de champagne ne seront pas périmées!…

 

Allez une petite imprécation, pour la forme…¨


ô Toi, tout en eau…

D’ Indien, bleu et mystérieux,

Aux ondes longues, et horizons inconnus,

Parcouru de milliers de cargos, entachant ton reflet,

Tu sus être accueillant, nous cachant ta puissance,

Jusqu’au dernier jour, en signe d’au revoir!


Dans un élan d’Espérance, nous te découvrîmes,

Atlante, le lointain, celui que l’on a jamais vu.

Qui nous cache ces terres isolées et éparses

De Tristan à Hélène, quelle sacrée Ascension…


Là tu fus calme, posé et sage

Orientant ta houle, tes vagues et ton vent

Toujours dans le même sens, pour nous être agréable!

D’ailleurs nous y étions si bien, que 36 jours

Nous passâmes en ta compagnie…


Puis je te retrouvais, toi, l’Atlante de mon enfance

Bien que plus tropical, je retrouvais

Ta fraîcheur et ton caractère

Gai et vivace comme tu l’étais alors plus au Nord


Parsemé d’îles, chacune différentes

Tant ici que de l’autre côté,

Idylliques, bouleversées ou aiguisées,

Dispersées sur ton joli bleu.

Ne t’appelle-t-on pas la Grande Bleue?

 

A contre cœur tu nous laissas continuer,

Pour rejoindre ta petite sœur,

Capricieuse et sournoise, se cachant

Au fond d’un corridor, aussi court que retors


A peine arrivé, qu’il nous repoussait déjà,

Puis à le traverser, nous faillîmes en perdre

La raison et l’envie, de poursuivre au-delà.

Jusqu’à finalement l’atteindre, elle,

Celle qui se cache sous de multiples noms.


Pour nous d’Alboran, tu deviendras Baléares

Mais ailleurs, que sont donc tous ces noms?

Ligure, Tyrrénhienne et bien d’autres encore…

Que veux tu donc cacher sous ces appellations?


Une furieuse colère, d’être juste plus petite?

Ou ton mauvais caractère, d’être un peu mal-aimé.

Allons s’il te plaît, tu peux être si douce

Et nous ne t‘avons pas blessé,

Si tu nous laissais finir notre route?


Tranquillement, sans émoi,

Sans houle et coups de vent

Qui nous mettent en déroute

Commencé et fini par toi,


Ce voyage ne prouve-t-il pas somme toute?

Que tout part de toi depuis tant d’années déjà

Des plus grandes épopées aux fabuleuses traversées

Et nous, respectueux, n’avons jamais ri de toi

Alors peux-tu gentiment nous laisser continuer ?

 

Par raym69
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Samedi 6 février 2010 6 06 /02 /Fév /2010 11:08
La Méditérannée ne nous facilite pas la vie... Encore beaucoup de vent hier et une grosse dépression sur Baléares dans 3 jours... Elle est pire que l'Atlantique...petite, capricieuse et sournoise!...

Merci à tous, vraiment tous, pour vos commentaires, cela fait du bien de rentrer et d'avoir autant de personnes qui ont une pensée petite ou grande....

Bernard, je vais essayer d'apprendre par coeur les 2 chansons envoyées mais cela va être dur... tellement de choses à faire en dernières minutes!...

@ bientôt, arrivée prévue entre le 10 et 13 sur Port Camargue!...Inch allah
Par raym69
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Samedi 6 février 2010 6 06 /02 /Fév /2010 00:58
Gros coup de vent sur Gibraltar...

Finalement, profitant d'une accalmie et après avoir pensé à une stratégie, vers 16h le 3 février, nous avons quitté le ponton de Tanger...
Etait-ce judicieux ou pas? Certains diront "oui, leur calcul était bon", mais d'autres se glosseront d'un " son fous, partir alors qu'il y a une BMS!  ( pour les non-inittiés BMS= Bulletin Météo Spécial, annonçant génaralement de gros coup de vent!...

Mon idée, qu'à admis Gérard est claire: le vent est encore fort dans le détroit ( entre 25 et 30 noeuds !), la mer, levée depuis 24h par du fort vent doit encore l'être tout autant, et le fort courant dans le détroit, n'est pas favorable avant 18h30 au moins, mais un force 8 est annoncé en fin de période, donc dans la nuit sur L'ouest du détroit!... 
Le détroit de Gibraltar c'est environ 30 milles (60 km) à parcourir, en essayant d'aller chercher la protection des côtes marocaines pour remonter par des contre-courants favorables à cette heure-çi... et si le vent force 8 annoncé aarive de l'ouest, 1/ il ne nous bloquera pas au port, 2/ il nous "poussera" encore plus vite vers la sortie!... Voici quelles étaient mes réflexions avant le départ, ajouté d'un "et si cela ne va vraiment pas, on reviendra se réfugier dans le port!"...

Avons nous eu de la chance?, le calcul était-il à peu près bon?
Toujours est-il que nous sommes passés à un "poil de c..." ! et que nous avons pris une "branlée" qui aurait pu être franchement dramatique si l'on n'avait pu s'abriter!...

Un petit résumé, vite fait, cela vous ira?...
Alors rapidement (inversement professionnel à la durée des évènements!)
à 16h départ du port de Tanger, la mer est agitée dans la baie, pourtant protégé et le vent calmé repart de plus belle; 20 25 noeuds...on progresse moteur + gd voile 2 ris, cap sur le Banc des Portugueses à la sortie NE de la baie
 Le passage des Bancs à 4M est très agité, les hauts -fonds "lèvent" une mer très creusée, Pythéas monte sur une crête et se plante dans le creux suivant. Pourtant, au début, un courant nous fait bien avancer à 4/5 noeuds.
Mais bientôt, sorti de la baie et à découvert le vent se joue de notre bateau et le peu de voile sortie font que nous avançons soit en direction du rail des cargos, soit nous sommes complètement rabattu vers la côte...
La progression est lente et je suis obligé de barrer, avec cette mer le pilote "saute" sans arrêt!.
Vers 18h30, je propose à Gérard d'aller préparer  manger et de se coucher après (cela ne sert à rien d'être 2 sur le pont, exposé au froid, la pluie et le vent; autant qu'il se repose pour me remplacer le moment venu) et de changer, pour la nuit de quart; je prendrais le premier de jusqu'à 2h du mat et lui les 6h suivantes...
Je grignote ma choucroûte tout en essayant de tenir le bateau sur un cap correcte , en le rattrapant lorsqu'il part en embardées... résultat: le tableau de bord et les cadrans ont droit à autant de choucroute que moi! Je suis attaché et bien m'a pris car le bateau part à l'abattée plusieurs fois, presque sur la tranche... la nuit est tombé, la pluie masque la vue et j'aperçois avec difficulté le croiseur militaire qui surveille le détroit...
Jusque 21h, je me bats comme un beau (c'est moi qui le dit) diable pour remettre le bateau sur le cap et essayer de distinguer  ce que j'ai devant et sentir la "meilleure" veine de courant!...
Puis jusque 22h30, je trouve une veine et l'abri du relief qui me permettent de faire un cap à peu près correcte, je peux remettre le pilote pendant 1h!...
23h, j'arrive à la partie la plus étroite du détroit, l'endroit ou nous nous rapprochons des chenaux de séparation de traffic pour les cargos; en fait, comme une autoroute, 2 couloirs permettent (normalement) aux cargos de cheminer sans faire route de collision...Par contr, il n'y a pas de "bandes blanches" ou de rambardes de sécurité, tout est inscrit sur nos cartes ou sur nos écrans!...dans ces cas-là il vaut mieux savoir lire une carte marine et savoir précisement ou l'on est!...
23h30, j 'ai  Algéciras par le travers babord et Ceuta est à portée de canon sur ma droite... il faut que je traverse, j'envoie de la toile et je coupe!... le courant, devenu favorable, le vent (il devait mollir il est à 27/28 noeuds, rafales à 30) dans les voiles me donne une vitesse de 6/7 noeuds, c'est ce qu'il faut, car les cargos ne s'arrêtent pas pour te laisser passer et il leur est difficile de changer de cap!...
Essayer de traverser, à pied, l'autoroute 1km àprès le péage de Villefranche sur saône, et de nuit!... vous aurez à peu près la sensation équivalente!...
Enfin minuit, j'arrive au pied du rocher de Gibraltar , je vais pouvoir sortir du détroit et continuer ma route, m^^eme si le vent n'a pas baissé, contrairement aux prévisions...
Minuit et demi, d'un seul coup, j'ai le sentiment de ne plus avancer, ma vitesse est passé de 6 noeuds à 0,8, 0,9, 1 noeuds?... et vu le vent je tire des bords à gauche, puis à droite, puis à gauche... et cela pendant 2h mais toujours sur la même ligne en évitant une balise cardinale qui clignote dans la nuit sombre et des cargos qui sont à l'arrêt en attente en plein à la sortie du détroit!...?...!

Le courant s'est inversé depuis 2h et c'est pour cela que je n'avance pas, pendant ce temps, le vent monte et à chaque virement, je repars un peu plus vite et sur la tranche!?...

Gérard se lève pour son quart, jette un oeil au baro que j'avais oublié depuis qqs temps et.... cata il m'annonce une chute vertigineuse... le coup de vent arrive, vite...
Décision est prise, il faut s'abriter dans la rade de Gibraltar..., je vire complètement et rentre peu après dans la rade, tandis que la pluie redouble...on rentre dans le grand port de commerce, impossible de trouver le port de plaisance et la VHF ne réponds pas ou des trucs imb...tables, la pluie est tellement forte et balayé par le vent que l'on en voit quasiment rien, au bout de qqs tours dans l'eau, j'avise un grand quai pour cargo, entre une barge et un cargo amarré...
Il était temps, à peine ai-je collé le bateau au quai, Gérard saute sur le quai, passe une amarre avant et passe juste une arrière lorsque le vent se déchaîne...nous sommes à 40 noeuds, accélérant en descendant de la montagne de Gibraltar..., levant une mer qui projette Pythéas contre le quai, heureusement tous les pare-battages sont à poste...
On double les amarres, puis on rentre se déshabiller et sécher l'intérieur complètement mouillé... 
Des chocs contre la coque attirent notre attention, j'enfile le ciré jaune et ressors pour apercevoir une immense bouée recouvert de pneux pour protéger les cargos du quai qui cognent contre notre flanc... il n'est plus attaché que d'un côté et entrainé vient frotter (aie!) et cogner la coque, je dois couper l'amarre au couteau pour le laisser dériver... Les vents ont complètement tournés, ils arrivent de derrière la digue, Gérard me hurle "50 noeuds!" .... cela tire tellement sur les amarres que je préfère tripler l'amarrage!... Pendant tout ce temps, je prends des "paquets de mer" sur la figure le vent entrainant des déferlantes contre la digue...
Ouf, enfin au sec, ou presque sec...! même si le bateau est affreusement secoué, la tension tombe..., on prend un thé pour se réchauffer, il est 5h du matin!... et puis on va se coucher...je m'écroûle direct!...
Cette nuit-là, j'avais entendu à la VHF,  3 INFOS A TOUT NAVIRE- SECURITE  " d'homme à la mer"..., nous étions trop loin des coordonnées de ces perditions..., aucun n' été retrouvé!...

Si belle, la mer peut parfois être terrible!...
Par raym69
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